L'ardente mélodie du fracas des armes et des tirs des canons des chars
Nous aurait-elle tous rendu sourds ?
Je n'en suis pas si sûr !
Au milieu de rues désertes recouvertes, de sable et de sang
Aux murs criblés de balles et de votre rage aveuglante
Femmes et enfants tendant les bras, vous demande pourquoi ?
Passant à côté de lui, cet enfant je lui répond :
« Vois tu la guerre c'est moche, et dès qu'ils seront passés, ils ne te resteras plus que tes yeux pour pleurer. »
Seulement l'enfant est innocent, l'enfant est inconscient
Et dans un élan de désir de vengeance
Prendra le bâton ou le fusil posé à côté de lui
Parmi nos rêves et nos espoirs
Entre le fait et l'illusoire
Parmi ces gens au triste regard
Je descelle un sentiment de désespoir
« Peu m'importe que la guerre soit moche, dès que leurs fusils seront passés je n'aurais plus que mes yeux pour pleurer. »
C'est par ces mots que cet enfant si innocent, si inconscient
Prendra les armes, à la parole
Choisira les balles d'un fusil, aux mots
Tout aussi blessant soit-il, mais ô combien percutant ?
Petit enfant, petit enfant moi je dis arrêtes toi
Regardes, ne vois tu pas autour de toi ?
Ne ressens pas, tout ce mal, cette terreur, ce carnage qui longe les murs des maisons détruites
Rends toi à l'évidence, ils n'ont absolument rien à faire de toi
Petit enfant, petit enfant moi je dis arrêtes toi
À quoi bon reproduire de tels actes envers ces gens
Ils ne méritent même pas un regard, un sourire de notre part
Aux maux, les grands remèdes
C'est à la force de nos jambes et à la portée de nos voix
Que nous ferons valoir nos droits, comme leurs fusils ont fait soit disant valoir les leurs
C'est devant eux, et tous ensembles
Devant eux et au milieu de nos ruines
Que nous donnerons l'assaut final
Le poids des mots, contre la poudre des armes
Dragora